FOCUS #6 - Matières en partageCinéma

FOCUS #6 - Matières en partage

Samedi 17 octobre 2026

20:00 – 23:00

Mains d'Œuvres · 1 rue Charles Garnier 93400 Saint-Ouen · Saint-Ouen-sur-Seine

6€

Organisé par Mains d'Œuvres

Festival des Cinémas Différents et Expérimentaux de Paris FOCUS #6 - Matières en partage - Séance programmée par Tomaz Burlin Le cinéma élargi désigne un ensemble de pratiques qui déplacent l’image en mouvement hors du dispositif classique de la salle de cinéma. Développées notamment à partir des années 1960, en dialogue avec la performance, l’installation, les happenings et l’art vidéo, ces formes envisagent la projection comme un matériau plastique, spatial et performatif. Dans ce contexte, la projection elle-même devient un terrain d’expérimentation. L’écran unique peut être remplacé par plusieurs surfaces, tandis que le projecteur, la lumière, les objets, les corps et les sources sonores deviennent des composantes visibles de l’œuvre. Le film n’est plus seulement diffusé : il est activé dans un lieu, selon une temporalité et des conditions de présentation spécifiques. Le cinéma élargi déborde ainsi naturellement le cadre de la projection traditionnelle pour prendre la forme de performances, d’installations temporaires ou de dispositifs audiovisuels, dans des lieux et des configurations très variés. La soirée proposée par le CJC réunit trois performances qui déclinent chacune à leur manière cette relation entre image, son et dispositif. Deux forêts , d’Agnès Perrais, Julien Pluchard et Alyzée Soudet-Polaris, associe une double projection 16 mm à une improvisation sonore en direct. Submemorias de un rollo, de Labodoble — Alexandra Moralesová et Georgy Bagdasarov — mobilise trois projecteurs 16 mm et le son pour interroger mémoire, extraction des ressources et matérialité de la pellicule. REMINDER , de Méryll Ampe et Sergej Vutuc, mêle boucles 16 mm, photocopie, synthèse analogique et manipulations mécaniques ; Méryll Ampe y travaille le son en temps réel au moyen de synthétiseurs, de systèmes modulaires et de boîtes à rythmes. Dans les trois cas, la projection devient une action : images, sons et appareils sont manipulés en direct, et l’œuvre se construit dans le temps même de sa présentation. Cette attention portée au dispositif, à l’espace et aux conditions d’activation fait de chaque performance une expérience singulière, qui ne saurait être réduite à un simple enregistrement audiovisuel. La soirée prolonge ainsi la réflexion portée par le thème « Un.e ET Un.es » : chaque artiste y affirme une écriture personnelle, tout en inscrivant son geste dans un dispositif commun fait de collaborations, de présences, de techniques et de responsabilités partagées. Perfomance de Agnès Perrais, Julien Pluchard et Alyzée Soudet-Polaris : Deux forêts Double projection 16 mm et performance sonore en direct Nées au sein du laboratoire cinématographique L’Etna, à Montreuil, les images de Julien Pluchard et d’Agnès Perrais sont issues de deux projets distincts, développés simultanément sur une même tireuse-contact. De ce voisinage technique et d’une recherche commune autour de la couleur émerge un dispositif de double projection dans lequel deux forêts se traversent, se contaminent et reconfigurent l’espace. La performance musicale d’Alyzée Soudet-Polaris, dite ÅÅÅ, se construit dans le temps même de cette rencontre. Au violon électrique et au thérémine, elle improvise à partir des intensités lumineuses, des rythmes internes de la pellicule et des interférences produites par la coexistence des deux projections. Images et musique évoluent ainsi dans un dialogue en temps réel, chacune transformant la perception de l’autre. Performance de Alexandra Moralesová et Georgy Bagdasarov : Submemorias de un rollo 21H00—22H00 Performance pour trois projecteurs 16 mm et création sonore en direct Submemorias de un rollo explore les mémoires stratifiées de territoires marqués par plusieurs siècles d’extraction de l’argent. Ce minerai a contribué à la richesse et au rayonnement de l’Europe, tout en laissant derrière lui des sols épuisés et des paysages profondément transformés. Cette histoire matérielle entre en résonance avec celle de la pellicule argentique. Dans les images présentées, l’argent a lui aussi presque disparu : la pellicule a été blanchie afin d’en révéler les couleurs. Qu’il s’agisse du film ou des territoires exploités, la performance interroge ce qui subsiste après l’extraction des richesses. À partir de leurs propres films Super 8, tournés plusieurs années auparavant à Buenos Aires, Montevideo, La Paz et dans d’autres villes, les artistes développent une forme d’archéologie alchimique. La performance met en relation les images et les ressources matérielles dont elles dépendent, les figures et leurs arrière-plans, la mémoire et la vision, ainsi que les récits occidentaux et d’autres manières possibles d’habiter le monde. Performance Méryll Ampe et Sergej Vutuc : REMINDER 22H00—23H00 REMINDER est une performance audiovisuelle fondée sur l’improvisation en temps réel, la synthèse sonore analogique et la multiprojection. Transformées par la photocopie puis transposées sur des boucles de pellicule 16 mm, les images apparaissent comme des traces fragiles du temps et de la mémoire. Manipulées en direct, elles se dissolvent, se répètent et se déploient dans l’espace, tandis que le son est sculpté à partir de fréquences, de textures et de sources analogiques. La combinaison de synthétiseurs, de systèmes modulaires, de boîtes à rythmes, de projecteurs et de manipulations mécaniques de l’image produit un environnement audiovisuel en constante évolution. Ponctuée par des fragments de paroles, la performance fait de la projection une expérience physique et spatiale, dans laquelle le son, l’image et la lumière se transforment mutuellement. Plus d'infos sur le site Festival des Cinémas Différents et Expérimentaux de Paris